La photographie, une passion - Sonia Rodrique
Sonia Rodrique

Étudiante en théâtre, je me passionne évidemment pour le jeu mais tenez-vous bien: pour le tricot! Un de mes plus grands plaisirs dans la vie est de flâner à la maison pour tricoter des petits cadeaux que j’offrirai aux gens que j’aime. Et entre le tricot et le jeu – je blogue! C’est une excellente façon pour communiquer mes états d’âmes et mes passions.

La photographie, une passion

La photographie, une passion - Sonia Rodrique

La lumière était vraiment très belle, ce matin-là. J’avais pris mon appareil photo numérique pour réaliser quelques portraits de papillons. J’avais déjà réuni beaucoup d’images de fleurs, de paysages, de nuages… Les insectes manquaient dans mon album. Difficiles à immortaliser, les papillons me surprenaient en s’envolant exactement au moment où je souhaitais les photographier. J’étais fascinée par leurs couleurs. Sur certains, l’œil d’un paon était dessiné ; sur d’autres, les ailes étaient comme recouvertes par un pinceau divin. Le corps duveteux et les antennes étaient différents pour chacun, eux aussi. J’avais réussi à surprendre un papillon nocturne. Il était grand comme mon pouce, ses larges ailes se déployaient autour de lui. Sa taille imposante le rendait bruyant, tout le contraire de ceux qui vivaient de jour. Ses teintes portaient à le confondre avec un bloc minéral ou avec du lichen.

Je comptais renouveler cette expérience ce soir. Mais en attendant, j’essayais de trouver dans mon jardin des papillons. J’avais beaucoup de fleurs, mais elles restent à l’ombre jusque tard dans la matinée. Elles attirent peu, à cette heure-là, les insectes volants. Je partis un peu plus loin, vers le fond de mon jardin. J’atteins la limite qui me séparait du terrain de mon voisin. Je parle de temps en temps avec lui ou avec sa femme, qui m’a déjà fait part de son envie de maigrir rapidement. Pour lui, il m’entretient de ses fleurs. Il se débrouille plutôt bien en jardinage. Je ne suis pas aussi intéressée que lui, surtout que la visite fréquente de mes petits-enfants nous a poussé, avec mon mari, à leur laisser un espace où nous ne plantons rien ; c’était là que je me trouvais pour essayer de voir si quelques spécimens ne se seraient pas posés sur les fleurs sauvages qui poussaient.

Un papillon monarque s’était justement posé sur une inflorescence de carotte sauvage. Il était magnifique, le bout de ses ailes possédait des reflets bleutés et leur découpe en pointe lui conférait une élégance extraordinaire. Je me mis à genoux, mais, le temps de régler mon appareil photographique, il était parti dans le jardin de mon voisin. Sans même réfléchir, prise par ma passion, je franchis la clôture. J’arrivais finalement à tirer un beau portait du lépidoptère. J’entendis une personne se racler la gorge derrière moi. Mon voisin insista pour que je lui montre ma photo tandis qu’il m’offrait, un thé parfumé. Je pense que peu de gens auraient si bien réagi.